CV d’un consultant : le contenu

Suite à mon dernier article concernant les points d’attention qui donneront au recruteur l’envie de lire votre CV, je vous propose d’entrer à présent dans le vif du sujet avec la question du contenu. L’idée est toujours la même : faire en sorte que la consultation de votre profil déclenche une prise de contact, et donc un entretien.

Pour y parvenir, je vous propose la structure suivante :

1/ Les compétences :

Indiquez quelle est votre valeur ajoutée.

Un consultant est d’abord un expert dans un domaine précis. Il intervient auprès des entreprises pour leur apporter une compétence particulière nécessaire pour résoudre un problème donné. Si vous exercez ce métier, vous avez donc au moins une compétence particulière, et souvent plusieurs, à mettre en avant.

La question se pose donc de bien choisir quelle(s) compétence(s) vous allez utiliser comme argument. Là, le choix vous revient. Je dirai simplement que les compétences retenues doivent être en lien avec le poste visé. On attend par exemple d’un chef de projet qu’il maîtrise parfaitement les techniques de planification, ou d’un ingénieur d’étude qu’il connaisse les environnements sur lesquels il va coder.

Toute la difficulté réside donc dans la définition précise des services que vous proposez.

  • Si vous répondez à une annonce, c’est simple : examinez les compétences attendues et mettez en avant celles que vous avez dans la liste.
  • S’il s’agit d’une candidature spontanée, vous devez faire un travail de recentrage qui peut s’avérer plus complexe. Vous devez trouver ce qui intéressera votre interlocuteur.
Restez centré sur l’objectif.

Comme pour le choix du titre, restez donc aussi spécifique que possible. Les liste à la Prévert n’impressionnent personne, voire diminuent la lisibilité de votre profil et donc vos chances d’être contacté. Quand le portefeuille de compétences s’étend à une vingtaine, on en déduit fatalement que vous n’êtes expert pour aucune d’elles.

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Délimitez le contenu de votre CV quelque part entre ce que vous pouvez réaliser et ce que le recruteur attend.

Remarque : un lecteur (qui a souhaité rester anonyme) me fait remarquer que la plupart des recruteurs recherchent un mouton à cinq pattes. C’est vrai ; et ceci pour deux raisons :

  • Les recruteurs cherchent à se protéger contre le risque de ne pas recruter la bonne personne en augmentant la quantité de prérequis sur le poste. En pratique, si vous pouvez satisfaire à 70% des attentes d’une offre, vous pouvez postuler.
  • Quand bien même vous conviendriez parfaitement, le recruteur peut argumenter sur le fait que vous ne satisfaisiez pas l’un des critères pour vous faire une proposition salariale moindre. Je traiterai cet aspect dans un autre article dédié aux négociations.

Dans tous les cas, ne commettez pas l’erreur de mettre en avant plus de cinq ou six compétences clés. Si vraiment votre liste est trop longue, essayez d’agréger.

Exemple :

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Vous trouverez bien une place pour quelques-uns des items dans la description de votre expérience et le reste sera abordé en entretien.

2/ L’expérience :

Démontrez votre compétence par des réalisations passées.

C’est une chose de prétendre à une compétence, c’en est une autre que de prouver son expertise. La rubrique « Expérience professionnelle » de votre CV vise à démontrer que vous avez effectivement les qualités requises.

Dans le cas idéal (du point de vue de l’employeur), vous avez déjà fait exactement ce qu’il prévoit de vous faire faire et il retrouvera mot pour mot ce qu’il recherche. Dans la réalité, c’est rarement le cas et de toute façon ça n’aurait guère d’intérêt pour vous de refaire inlassablement la même chose. Il faut donc composer pour intégrer à la fois les attentes du recruteur et vos aspirations à progresser.

Prenons un exemple : vous êtes ingénieur système Unix et vous visez un poste de service delivey manager (les lecteur assidus reconnaîtront le cas cité dans l’article précédent).

  • Votre activité actuelle est principalement centrée sur le fonctionnement technique du système.
  • Le poste convoité est de nature plus managériale. On attendra d’un candidat qu’il maîtrise cet aspect.

Cherchez donc dans votre passé les tâches que vous avez réalisées et qui tendent vers les nouvelles fonctions que vous briguez. Mettez-les en avant.

Par exemple :

  • vous étiez en charge de la résolution des incidents et du respect des SLA sur votre périmètre ;
  • vous avez encadré une petite équipe de techniciens et ingénieurs juniors ;
  • vous assuriez un reporting sur la disponibilité des plateformes et les temps de réponse ;
  • vous avez proposé des améliorations dans le processus de pilotage.

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Astuce : montrez vos résultats.

Au travers de votre parcours, vous prouvez que vous avez mis en œuvre les compétences que vous mettez en avant. Seulement voilà : l’avez-vous fait avec succès ?

La meilleure façon de répondre à cette question est de donner des indicateurs de vos résultats. Voici quelques exemples issus de CV que j’ai reçus :

  • A développé une série de scripts en Python permettant de diviser par deux les temps de chargement des données.
  • A réalisé le projet X dans les délais et en consommant 10% de moins que le budget alloué.
  • A automatisé la fonction Y, libérant ainsi l’équipe A de cette action (économie de 3j.h par mois)

Je me suis permis de souligner ce qui m’a directement sauté aux yeux en les consultant. Pour le reste, je pense que vous avez saisi l’idée.

Remarque : vu ainsi, les SLA ne sont donc plus une contrainte dans votre quotidien mais une information précieuse sur la façon de revendre votre expérience.

Démontrez votre potentiel à progresser.

Au-delà de votre aptitude à répondre au poste, le lecteur de votre CV doit bien sentir que vous êtes capable de progresser. Pour cela, deux écoles :

  • Soit vous êtes jeune diplômé et donc vous devez bien commencer quelque part. Dans ce cas vous progresserez forcément.
  • Soit vous montrez que vous êtes sur une pente ascendante dans votre domaine.

Je suis convaincu que le passé ne présage pas  de l’avenir mais nous ne sommes pas là pour philosopher sur ce thème. Si votre interlocuteur pense comme 90% des gens, alors il ne vous verra comme ayant du potentiel que si vous êtes déjà en progression.

Pour donner un effet de progression, voici quelques astuces :

Soignez le titre du poste.

Un même emploi peut être nommé de nombreuses façons différentes en fonction de la culture d’entreprise et de la perception qu’en ont les personnes concernées :

Assistant MOA / Analyste fonctionnel / Business Analyst … Toutes ces appellations recouvrent plus ou moins les mêmes fonctions.

Le truc pour donner un effet de progression, c’est de choisir un énoncé de poste plus conséquent pour les missions les plus récentes. Attention ! Je ne vous dis pas de tricher ! Il s’agit juste de jouer sur le poids psychologique des mots.

Avec les années, vous pouvez jouer sur les mots « Junior », « Confirmé », et « Senior » ou « Expert » pour compléter un peu.

Faites parler les chiffres.

Tout à l’heure je vous parlais de résultats chiffrés. Efforcez-vous de montrer que vous avancez des chiffres de plus en plus grands :

  • à résultats égaux on vous confie des périmètres de plus en plus grands ;
  • à travail égal, vous avez de plus en plus d’expérience.

Évidemment ce n’est pas toujours possible mais j’ai tracé les deux courbes suivantes à partir des chiffres annoncés dans le CV d’un ami :

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Sans avoir les courbes sous les yeux, une lecture rapide de son CV permet de comprendre intuitivement que j’ai entre les mains le parcours de quelqu’un qui dépasse toujours les attentes et qui progresse. Ça tombe bien : si j’étais recruteur je chercherais à embaucher des gens compétents !

3/ La formation :

Justifiez votre compétence par un bagage académique.

Dans le monde professionnel, la pratique et l’expérience pèsent plus que la formation initiale. Néanmoins, le monde du conseil est très consommateur en diplômes et certification en tout genre. Mieux vaut donc s’y préparer.

La formation diplômante

Je n’ai pas grand-chose à vous proposer pour améliorer cette partie de votre CV. En général les consultants ont une formation initiale poussée et il n’y a pas beaucoup de modifications à apporter.

Contentez-vous de faire figurer vos études supérieures et ne revenez pas plus avant dans le temps : si vous êtes ingénieur, on se doute bien que vous avez eu votre bac !

Les points à mettre en avant si vous êtes concernés sont les suivants :

  • le passage par une école particulièrement prestigieuse
  • un double cursus technique / business ou une spécialisation sur un secteur
  • un projet d’étude particulièrement intéressant ou un mémoire ayant donné lieu à une publication
  • un cursus international
Les certifications

Les certifications sont un autre moyen de démontrer votre savoir-faire. Si Cisco vous a délivré un papier indiquant que vous maîtrisez leur produit, vous êtes en droit d’affirmer que c’est le cas. Un score au TOEIC supérieur à 900 vous positionne comme candidat aux projets internationaux.

Comme pour les compétences, essayez de cibler les certifications qui correspondent au poste visé et mettez-les en avant. Une certification Microsoft Server XXXX a du sens si vous intervenez dans ce type d’environnement. En revanche si le client a prévu de mettre toute son architecture sur AWS c’est peut-être plus discutable. Encore une fois, c’est une question de marketing.

4/ Les centres d’intérêt :

Ouvrez sur d’autres aspects de votre personnalité.

Souvent négligée, la dernière partie de votre CV porte sur vos activités extraprofessionnelles. C’est une rubrique délicate car sujette à beaucoup d’interprétations.

Évitez le triptyque sport – lecture – cinéma qui n’apporte aucune information utile et soyez plus spécifique :

Sport : pratique du  basketball depuis 15 ans et entraîneur de l’équipe des juniors de…

Interprétation : vous êtes grand, vous aimez les activités en équipe, vous êtes pédagogue, et on peut vous confier des responsabilités (en l’occurrence celle des enfants).

Voyages : un an de trek en Malaisie à la rencontre de la tribu des Bidayuh

Interprétation : vous avez le goût de l’aventure et êtes ouvert à la différence de l’autre. L’inconvénient c’est que vous pourriez bien repartir et pour longtemps.

Evitez tout ce qui pourrait être polémique : votre engagement politique ou religieux peut coûter cher. Evidemment si vous êtes un élu local il faudra passer outre cette règle.

Le plus original et percutant que j’ai vu concerne… … un pharmacien qui jouait aux jeux vidéo ! Je cite :

Jeux vidéo :

Pratique en compétition (e-sport) : aptitude à collaborer avec une équipe pour établir des stratégies et les mettre en œuvre dans un contexte de concurrence

Bêta testeur : capacité à identifier rapidement les problèmes et à proposer des solutions aux équipes de créateurs

Avouez que ça prend tout de suite une autre dimension !

Conclusion

Le CV est un instrument marketing dont l’unique objet est de vous faire décrocher un entretien. Il doit être attrayant pour passer un premier filtre de quelques secondes tout en développant un argumentaire résistant à un examen plus approfondi. Il délivre un message unique : « J’ai tout ce qu’il faut pour le poste. Contactez-moi. »

Recherchez donc un maximum de cohérence autour de cet objectif : tout doit converger pour convaincre le recruteur de vous appeler.

Enfin, règle importante, ne trahissez jamais ni qui vous êtes ni la confiance de votre lecteur en délivrant des informations fausses. Vous pouvez adopter la méthode du miroir déformant jusqu’à un certain point mais si vous avez menti, cela se retournera contre vous en entretien. La meilleure solution si vous avez un doute est de faire appel à un professionnel. N’hésitez pas à solliciter nos services pour optimiser votre CV.

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